Glossaire

A

Abatis

Obstacle fait de branchages ou de rondins pour retarder ou arrêter l’avance d’une force ennemie. Utilisé aussi comme position de défense. Les abatis érigés par les troupes canadiennes furent particulièrement remarqués à la bataille de Châteauguay, livrée contre une armée américaine marchant vers Montréal, le 26 octobre 1813.

Adjudant

Officier chargé d’exécuter les tâches administratives au sein d’une unité – un régiment habituellement – ainsi que de transmettre les ordres du commandant.

Adjudant général

L’officier d’administration principal de l’Armée de terre.

Aide-de-camp

Officier affecté à l’état-major pour le service personnel d’un général.

Aiguillette

Cordon s’attachant à l’épaule et dont l’origine remonte à la cavalerie française du XVIIe siècle; accessoire porté par les élèves-officiers au XVIIIe siècle. À partir de 1731, les élèves-officiers canadiens portèrent une aiguillette bleue et blanche, ce qui leur valut le sobriquet de « cadets à l’aiguillette ». Durant les Guerres napoléoniennes, des aiguillettes d’or ou d’argent furent ajoutées aux uniformes des généraux et des officiers d’état-major, comme les aides de camp dans les grandes armées. Au Canada, les officiers d’état-major portaient aussi des aiguillettes, et on en voit encore sur les uniformes des aides de camp du gouverneur général du Canada ainsi que des lieutenants-gouverneurs des provinces.

Aéroporté

L’idée de transporter des troupes par la voie des airs pour franchir des obstacles et attaquer des positions ennemies derrière les lignes a vu le jour à l’époque de l’invention des montgolfières, à la fin du XVIIIe siècle. Avec l’apparition du parachute et d’avions pouvant transporter de nombreux passagers dans les années 20, l’Union soviétique, l’Allemagne et le Japon ont sérieusement envisagé de parachuter des soldats pour mener des attaques.

Les premières unités de parachutistes aéroportés ont été formées en Union soviétique en 1932. Les Allemands ont suivi en 1936, les Français, en 1937, les Italiens, en 1938, et les Japonais, les Britanniques et les Américains, en 1940. Des troupes aéroportées ont été utilisées avec beaucoup de succès dans des opérations spectaculaires des Allemands en Europe, en 1940-1941, et des Japonais dans les Indes néerlandaises (aujourd’hui l’Indonésie), en 1942. Ces opérations ont mis en évidence l’importance considérable de telles troupes dans une campagne. Les Britanniques et les Américains se sont donc hâtés de former des parachutistes en grand nombre.

Le Canada a créé ses premières troupes de parachutistes en 1942, son 1er Bataillon de parachutistes étant intégré à la 6e division aéroportée britannique à compter de 1943. Le Canada a également été un important centre de formation de parachutistes pendant la guerre; d’ailleurs, l’instruction au parachutisme est demeurée depuis quelque chose d’important pour les militaires canadiens, qui sont nombreux à arborer l’insigne de parachutiste.

Aviateur/aviatrice

Pour les besoins des commissions, toute personne, de n’importe quel grade, qui servait à n’importe quel titre au sein des forces aériennes.

Amphibie (opération)

Les opérations amphibies sont des opérations interarmées qui font intervenir les forces maritimes et terrestres et, depuis le XXe siècle, les forces aériennes. Dans une opération amphibie, une force opérationnelle navale transporte des troupes par mer et les débarque en sol ennemi. Depuis le XXe siècle, la maîtrise de l’air est devenue essentielle au succès de toute opération amphibie. Les grands États européens ont tous mené des opérations amphibies, les Britanniques devenant des experts en la matière à partir du XVIIe siècle. Même si la Grande-Bretagne n’avait qu’une armée de terre relativement modeste, sa capacité de déployer ses soldats grâce à sa puissante marine a contribué à en faire une puissance mondiale.

Au Canada, les sièges de Louisbourg, en 1758, et de Québec, en 1759, ont été des opérations amphibies remarquables qui ont nécessité une étroite coopération entre la Marine royale et l’Armée britannique. Si l’on excepte quelques engagements mineurs pendant la guerre de 1812, les Canadiens n’ont pas mené d’opérations amphibies avant la Seconde Guerre mondiale.

La première fut le raid désastreux sur Dieppe, en France, le 19 août 1942. Des opérations réussies ont suivi, en 1943, quand la 1re Division du Canada a débarqué en Sicile, le 10 juillet, et quand le 13e Groupe-brigade a débarqué à Kiska, en Alaska, avec les Américains. La plus importante opération amphibie de l’histoire a été le débarquement en Normandie, le 6 juin 1944. À cette occasion, quelque 12 000 soldats canadiens se sont assurés de l’une des cinq plages de débarquement, la MRC et l’ARC fournissant un grand nombre de navires et d’escadrons pour l’assaut du jour J. Ce fut la plus importante contribution du Canada à une opération de cette nature.

Archer

Jusqu’au XVIe siècle, un soldat armé d’un arc et de flèches. Dans la France de l’Ancien régime comme en Nouvelle-France, ce mot servait à désigner un agent de police.

Armure, blindage, blindé

Jusqu’au XVIIe siècle, les soldats portèrent une armure comme moyen de protection personnelle. Au Canada, les premiers soldats portèrent un casque d’acier, une plaque sur la poitrine et dans le dos, ainsi qu’une cotte de mailles, et ce, jusque dans les années 1630, quand des Autochtones hostiles commencèrent à se servir d’armes à feu et que ces éléments de protection tombèrent en désuétude. À partir du milieu du XIXe siècle, « blindage » fut le mot employé pour décrire les navires munis de plaques d’acier. Depuis la Première Guerre mondiale, le mot « blindé » désigne les véhicules à moteur protégés par une carrosserie d’acier, comme les chars d’assaut.

Armurier

Soldat ayant pour spécialité de réparer les armes. Au début de la Nouvelle-France, les armuriers n’étaient pas toujours des soldats, mais des artisans civils qui, parfois même dans les forts les plus lointains, réparaient les mousquets des militaires, des commerçants de fourrures et des chasseurs.

Armée

Mot lié à l’organisation des troupes lors de la Première et de la Deuxième guerres mondiales. Deux corps ou plus, placés sous le commandement d’un général; une armée est habituellement formée de 120 000 à 200 000 militaires, tous grades confondus.

Artillerie

En général, toutes les armes, sauf celles de petit calibre, peuvent être classées comme des pièces d’artillerie. L’artillerie fit son apparition au Canada avec les explorateurs du XVIe siècle. De nombreux canons, surtout les pièces d’artillerie en fer, du type naval ou de garnison, furent installés dans les forts canadiens à partir du XVIIe siècle. Quelques tentatives furent faites pour couler des canons aux Forges du Saint-Maurice à la fin des années 1740, mais il fallut attendre la Première Guerre mondiale avant que l’on fabrique avec succès des pièces d’artillerie au pays.

Arme automatique

Arme de petit calibre (moins de 20 mm), tirant rapidement plusieurs coups. Ce type d’arme portative comprend les canons de DCA les plus petits, les mitrailleuses, les mitrailleuses légères et les mitraillettes. Ce type d’arme est apparu à la fin du XIXe siècle sous la forme d’une mitrailleuse. Au Canada, on utilisa une mitrailleuse Gatling pour la première fois contre les Métis, à Batoche, en 1885.

Aviation canadienne

Deux escadrons constitués sous ce titre existèrent en Angleterre de novembre 1918 à 1919. Une nouvelle Aviation canadienne fut organisée au Canada au cours de l’année 1920 et devint la RCAF (ou ARC) en mars 1924.

Voir aussi : RCAF.

Aumônier

Prêtre ou ministre du culte affecté à une unité, habituellement un régiment ou un navire, pour répondre aux besoins d’ordre religieux des militaires. Sous le Régime français, les prêtres de l’Ordre des récollets (une branche aujourd’hui disparue de l’Ordre des franciscains) furent nommés en 1692 par le roi Louis XIV comme aumôniers des troupes coloniales présentes au Canada. Après 1760, on affecta des aumôniers à des unités formées au Canada, généralement de la même façon que dans les services armés britanniques. Dans la milice, ce sont des prêtres ou des ministres du culte de la même région que celle de l’unité qui étaient nommés aumôniers. Un service d’aumônerie fournit des aumôniers à temps plein de 1914 à 1919. Un élément de milice permanent du Service de l’aumônerie fut constitué en 1921, et de nombreux aumôniers servirent lors de la Deuxième Guerre mondiale. Dans la Force régulière, le Royal Canadian Chaplain Corps et ses successeurs datent de mars 1948. Des aumôniers continuent d’accompagner les troupes canadiennes de maintien de la paix de l’ONU aux quatre coins du globe.

Alliances militaires

L’alliance de plusieurs pays pour assurer leur sécurité commune a été le fondement des alliances militaires. Le Canada a été lié par les alliances de la France, puis de la Grande-Bretagne, jusqu’à l’adoption du Statut de Westminster, en 1931, le pays devenant alors totalement responsable de ses affaires étrangères. Le Canada a maintenu ses alliances militaires avec la Grande-Bretagne et les États-Unis et il fait actuellement partie de l’OTAN et du NORAD.

Voir aussi : OTAN, NORAD.

Aviation royale canadienne (ARC)

L’aviation canadienne, qui porte ce nom depuis 1924.

Aviation royale canadienne (Division féminine)

Levée sous le nom de Corps auxiliaire féminin de l’Aviation canadienne le 2 juillet 1941, cette division a la distinction d’être la première unité militaire féminine à avoir été autorisée en Amérique du Nord. Elle fut rebaptisée Aviation royale du Canada (Division féminine) le 3 février 1942.

Artillerie royale canadienne (ARC)

Voir : Régime royal de l’Artillerie canadienne.

Armes légères

Armes - les armes à feu portatives en général - portées par des soldats d’infanterie individuels, y compris les pistolets, les fusils et les mitrailleuses.

Art militaire

On considère généralement que l’art militaire comprend les peintures et les dessins des « peintres de guerre », mais certaines photographies qui n’ont pas seulement un intérêt documentaire s’y ajoutent. L’art militaire a dans une large mesure eu comme objectif d’immortaliser les grandes batailles et les événements militaires marquants. Il était habituellement le fait de personnes de talent qui assistaient aux événements (généralement des officiers) ou d’artistes professionnels travaillant dans leur atelier. « La Mort de Wolfe » à Québec de Benjamin West offre un exemple d’une scène présentant peu de ressemblance avec la réalité peinte par un artiste qui n’avait pas vu la bataille, fût-ce de loin.

C’est pendant la Première Guerre mondiale que le Canada a fait ses premières commandes officielles d’œuvres. En 1917, sir Max Aitken, lord Beaverbrook, nommé à la tête du Bureau canadien des archives de guerre, a commandé à des artistes britanniques et canadiens des toiles représentant des Canadiens au combat. Maurice Cullen, David Milne, A.Y. Jackson, Frederick Varley, Arthur Lismer et Franz Johnson comptaient parmi les artistes choisis, les quatre derniers faisant partie du Groupe des sept, formé en 1920, qui a révolutionné l’art au Canada. En 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, le programme d’art militaire a été relancé, Albert Cloutier, Alex Colville, Charles Comfort, Charles Goldhammer, Paul Goranson, Lawren P. Harris, E.J. Hughes et Frank Varley comptant parmi les 30 artistes auxquels des œuvres ont été commandées. Des femmes artistes comme Mary Lamb Boback, Pegi Nicol MacLeod et Paraskeva Clark ont représenté des femmes au service de l’armée.

Après la guerre, la collection d’art militaire logée à la Galerie nationale du Canada, puis transférée au Musée canadien de la guerre, a été négligée des critiques d’art et des historiens. Ces toiles étaient pourtant l’œuvre de certains des meilleurs artistes du pays. Depuis les années 1970, toutefois, les nouvelles générations d’amateurs d’art ont découvert le pouvoir d’évocation d’œuvres comme « Fantassins près de Nimègue, en Hollande », de Colville et compris que la collection d’art militaire était un véritable trésor, recelant certaines des meilleures toiles d’éminents artistes canadiens du XXe siècle.

L’art militaire canadien, particulièrement celui de la Seconde Guerre mondiale, se distingue de celui de la plupart des autres pays en ce qu’il est habituellement empreint d’une étrange quiétude et que les scènes d’héroïsme y sont rares. Il s’en dégage une vision paisible et pénétrante de la tragédie de la guerre. La propagande et la publicité sont un autre ordre d’art, mineur celui-là, qui est en train d’être redécouvert. Pendant les deux guerres mondiales, des affiches ont été consacrées à divers aspects de l’effort de guerre; aujourd’hui, elles sont de plus en plus considérées comme une forme d’art militaire.

Adjudant-chef

Souvent abrégé sous la forme suivante : « Adj ». Militaire du Commonwealth qui détient le brevet royal et dont le grade est supérieur à celui de sergent d’état-major (sergent de section dans la force aérienne) et inférieur à celui des officiers commissionnés. Le sergent-major régimentaire (SMR) dont le grade est SOBI – sous-officier breveté, 1re classe) et le sergent-major de batterie (SMB) dont le grade est SOBII – sous-officier breveté, 2e classe). Les Adj étaient, et sont encore, connus comme le « pivot de l’Armée » dans n’importe quelle armée. Ils sont respectés et appréciés de la même façon dans les marines et les forces aériennes.

Armes

Terme générique englobant toutes sortes d’armes aériennes, terrestres et maritimes depuis le début de l’histoire, des armes tranchantes aux armes chimiques, en passant par les armes à feu, qui ont toutes été présentes au Canada.

Voir aussi : Porte-avion, Artillerie, Transport de troupes blindé (TTB), Armes automatiques, Navire de guerre, Croiseur de combat, Bazooka, Mitrailleuse légère Bren, Mousqueton britannique, Calibre, Canon, Corvette, Croiseur, Destroyer, Guerre chimique/biologique, Flûte, Frégate, Gaz, Grenade, Semi-chenillé, Obusier, Fusil Lee-Enfield, Mitrailleuse Lewis, Mitrailleuse, Missiles, Mine, Monitor, Mortier, Navire de guerre de poche, Fusil Ross, Vaisseau, Shrapnel, Armes légères, Fusil Lee-Enfield court à chargeur, Mitraillette Sten, Mitraillette, Sous-marin allemand.